Education Mali

                      





                                                                                                                http://www.education.gov.ml


Au cours de l’histoire éducative malienne, deux grandes étapes se sont distinguées dans notre système éducatif : l’école au service de l’oppression coloniale et l’école malienne de la réforme de 1962.

L’école coloniale

Cette forme d’éducation et d’enseignement moderne se juxtapose à notre éducation traditionnelle. La conquête coloniale s’est achevée, pour l’essentiel, au début du 20e siècle. Les puissances coloniales songèrent à administrer et à exploiter les territoires conquis. Pour les différentes tâches d’administration et d’exploitation, le colonisateur a besoin d’auxiliaires. Et ces agents subalternes doivent être formés à l’école coloniale française.

Aussi, dans la plupart des pays de l’Afrique Noire, la création des premières écoles correspond avec le début de la période d’administration des colonies. C’est en 1886 que le colon français, Galliéni, ouvrait la première école soudanaise à Kayes. Cette école portait le nom très caractéristique d’Ecole des Otages.

En 1910, cet établissement prendra le nom d’Ecole de Fils de Chefs et d’Interprètes. En 1916, on assiste à l’ouverture d’une école professionnelle à Bamako : un école qui s’installa dans les locaux de l’actuel Lycée Askia, sous le nom d’Ecole Primaire Supérieure. En 1931, cette école portait le nom de Terrasson de Fougères. Pendant longtemps, elle sera considérée comme le sommet de l’enseignement au Soudan Français.

L’école malienne de la réforme de 1992

Le système éducatif hérité de la colonisation était inadapté à nos besoins et ne répondait pas aux aspirations des populations. Dans tous les domaines, la colonisation était à la fois politique, économique et culturelle. La nouvelle école sera chargée d’opérer la reconversion combien difficile des mentalités.

Les objectifs de la réforme étaient formulés à travers cinq principes ; D’abord, il s’agissait de faire un enseignement à la fois de masse et de qualité, un enseignement qui puisse fournir, avec une économie maximum de temps, les cadres dont le pays a besoin pour ses divers plans de développement.

Ensuite, un enseignement dont le contenu sera basé non seulement sur nos valeurs spécifiques maliennes et africaines, mais aussi sur les valeurs universelles ; un enseignement qui décolonise les esprits et réhabilite l’Afrique et ses valeurs propres ; un enseignement qui puisse garantir un niveau culturel nous permettant l’établissement des équivalences des diplômes avec les autres Etats modernes.

La structure devrait permettre, à tout enfant, de parcourir les différents dégrés de l’enseignement selon ses capacités intellectuelles et manuelles. Formulés en termes d’objectifs à atteindre, les principes de la réforme de 1962 sont dans la conception valable. Il faut cependant noter que ces principes ont été élaborés dans le cadre d’une politique socialiste d’éducation.

La réforme de 1962 sera suivie de plusieurs fora qui prospectent des ajustements et des innovations, afin de mieux adapter l’éducation scolaire à la réalité du pays. C’est ainsi qu’en 1964, le premier Salon National sur l’Education, en s’inscrivant dans la logique de la réforme, va se prononcer pour une professionnalisation de la formation.

En 1978, le deuxième séminaire se penchera sur une vision de l’école plus proche de la vie, et une plus grande implication des partenaires de l’école. En 1989, se tiendront les États généraux sur l’Education. L’objectif était, cette fois-ci, de parvenir à l’Education Pour Tous (EPT), la formation du citoyen et la promotion de la recherche scientifique et technologique.

En 1991, il y a eu la Table Ronde sur l’Education. C’est à partir de ces rencontres que sera adoptée, le 14 Avril 1994, une proposition de réfondation de l’éducation de base appelée Nouvelle Ecole Fondamentale (NEF). Pour concrétiser la nouvelle orientation se tiendront des journées de réflexion et d’action (en Février 1995) et des fora-perspectives de Ségou (en Mars 1995).

Toutes ces réformes ont eu le souci majeur de lier l’école à la vie, d’améliorer la qualité de l’école, de faciliter l’accès à l’école. Mais pour une raison ou pour une autre, toutes ces innovations introduites, depuis la réforme de 1962 jusqu’à la troisième république, ont échoué ou ont été abandonnées. Rappelons pourtant que de 1962 à 1991, soit en 29 ans, le taux d’alphabétisation est passé de 7% à 32%.

Le Mali est un pays jeune si l'on s'en réfère à l'âge de la population, soit 45% d'adolescents de moins de 15 ans et 65% de moins de 25 ans. C'est dire à quel point l'éducation est un secteur important pour le Mali d'aujourd'hui.

C'est le programme Décennal de Développement de l'Education (PRODEC) qui a la charge de "re-fondation" du système éducatif au Mali. Le programme s'achèvera en 2008.

Le PRODEC envisage le développement de l'éducation préscolaire le plus rapidement possible de manière à amener son taux de 1,53 % actuellement à 10 % en 2008 et celui de la scolarisation totale à 75 %.

Il compte ainsi faire progresser le nombre des écoles de façon considérable et d'améliorer en même temps le niveau des enseignants. Le PRODEC a pour autre objectif de réduire les 2 cycle de l'éducation à 8 ans (au lieu de 9 actuellement) avec comme innovation l'augmentation du volume horaire de l'enseignement de l'anglais. L'enseignement privé sera encouragé pour soutenir l'effort de l'Etat notamment dans le développement des écoles villageoises.

A long terme, le PRODEC voudrait orienter 65 % des diplômés du DEF dans les établissements d'enseignement secondaire en construisant de plus en plus de classes à cet effet.

Pour soutenir ce vaste programme (dont nous n'avons évoqué que les grandes lignes) le PRODEC envisage l'introduction de la langue maternelle des apprenants dans l'enseignement, de la 1ère année à la 4ème année, en même temps que le français. Le but est d'adapter l'école aux réalités socio-culturelles des enfants.

Tout cela ne sera possible que par un engagement véritable de l'Etat et des partenaires de l'école. Dans le contexte de la décentralisation, le rôle que devront jouer les collectivités territoriales décentralisées sera déterminante. Il sera surtout important de concevoir des manuels appropriés en nombre suffisant et d'impliquer le personnel enseignant de la conception à la réalisation du programme décennal de ré - fondation du système éducatif au Mali.

LE MINISTERE DE TRAVAUX PUBLIQUES DU MALI

Le système éducatif du Mali mis en place depuis 1962 par une reforme hardie a connu des succès mais aussi des difficultés dans son évolution. Plusieurs séminaires(1968-1972) ont tenté d'apporter des correctifs et des réajustements sans remettre en cause le fondement de la reforme .

De nos jours, le système éducatif du Mali qui demeure un exemple dans la sous région est confronté à une crise de fonctionnement depuis 1990.Il faut lier cette crise au contexte politique de démocratie en construction mais aussi aux difficultés économiques du pays. L'école malienne a été fortement marquée par des perturbations de cours,des grèves,des violences qui ont émaillé des année scolaires.

Ces secousses ont concerné tous les autres ordres d'enseignement du cycle fondamental(primaire)au cycle superieur (université).Cette crise peut être considérée comme une crise de croissance quand on sait que les effectifs ont augmenté de manière exponentielle passant en 1997 de 862 874 élèves au cycle fondamental (primaire) à 1 247467 élèves en 2002.

Le secondaire général a aussi connu un accroissement considérable de 1990 à 2002.

Le supérieur s'est aussi accru d'environ 4% alors que l'université naissante de Bamako n'a hérité en infrastructures que des anciennes écoles supérieures dépourvues pour la plupart d' amphithéâtres à la dimension des effectifs .

Tout cela donne un ratio de 68 élèves par salle de classes au cycle fondamental (primaire)et effectif de plus de 1000 étudiants dans certaines facultés de l'université.

Aussi le personnel enseignant qualifié fait défaut à tous les niveaux:c'est ce qui explique le recrutement des contractuels et des vacataires dont la non qualification pourrait jouer sur le rendement scolaire et du même coup rendre la tâche d'encadrement pédagogique des chefs d'établissements plus ardue.

Cependant le PRODEC (Programme décennal pour développement de l'éducation) dont la loi

d'orientation a été votée en 1996 et le programme de décentralisation administrative constituent des atouts susceptibles de contribuer à résoudre bon nombres de problèmes.

Le PRODEC a dégagé 11 axes prioritaires pour améliorer en dix ans le système éducatif du Mali. Les principaux axes prioritaires sont les suivants:

1°) Une éducation de base de quali`é pour tous

2°) Un enseignement professionnel adapté aux besoins de l'économie.

3°) Un enseignement secondaire général et technique rénové et performant.

4°) Un enseignement supérieur de qualité répondant à des besoins prioritaires et aux coûts maîtrisés.

5°) Une utilisation des langues maternelles dans l'enseignement formel concommitemment avec le

français (langue officielle).

6°) Une politique opérationnelle du livre et du matériel didactique.

7°) Une politique soutenue de la formation des enseignants.

8°) Un partenariat véritable autour de l'école .

9°) Une restructuration et un ajustement institutionnel nécessaires à la refondation du système

éducatif.

10°) Une politique de communication centrée sur le dialogue et la concertation avec tous les partenaires.

11°) Une politique de financement du système éducatif soutenue, équilibrée, rationnelle et s'inscrivant dans la décentralisation .

Pour réaliser ce programme,les autorités comptent sur l'intervention des partenaires financiers et techniques (PTF) à travers le programme d'investissement sectoriel de l'éducation (PISE) et sur la contribution de la population suivant le programme de décentralisation. Il existe déjà 2344 écoles communautaires en 2002 gérées par les communautés locales. Le transfert de compétences, de ressources humaines et financières se fait de manière progressive aux communautés.

Aussi, la stratégie alternative d'augmentation du taux de scolarisation par l'application de la double division et de la double vacation pose des problèmes,permet cependant d'augmenter le taux de scolarisation de manière significative. Elle sera progressivement abandonnée avec la formation d'enseignants professionnels dans les instituts de formation de maître.

Aussi, depuis deux ans les troubles scolaires s'estompent progressivement avec le déroulement sensiblement normal des années scolaires grâce à l'esprit de dialogue effectif et de concertation réelle établi par les responsables actuels du département de l’éducation.

Cet esprit a été instauré au niveau de tous les partenaires de l'école : syndicats, partenaires techniques et financiers et parents d’élèves. Les associations des parents d’élèves (APE) depuis la reforme de 1962 joue un rôle capital dans le développement de l’école surtout au niveau du cycle fondamental où ces APE ont construit un grand nombres de salles de classes et latrines.

Le système éducatif du Mali né dans un contexte politique de décolonisation évolue non sans difficultés dans un environnement de démocratie naissante.

Ces facteurs influent sur son développement qualitatif et quantitatif prit en charge en parti par le PRODEC .

Aujourd'hui le taux de scolarisation est de l'ordre de 64,34% en progression constante.

Quant à la gestion scolaire, elle est favorisée par l'esprit de concertation de leadership qui émerge au niveau du cycle fondamental avec les conseils d'écoles et de comites de gestion des écoles

La réforme de l'éducation de 1962 s'était donnée comme ambition d'atteindre l'enseignement universel à brève échéance et à des coûts réduits. Pourtant, en dépit des efforts fournis, la part du budget de l'Etat consacrée à l'éducation n'arrive toujours pas à couvrir les besoins pressants qui se posent au secteur. 
D'une manière générale, l'accès à l'éducation primaire et secondaire est limité et inéquitable pour les populations rurales et périurbaines. Le taux d'accès est de 53,9 % : 63,6 % pour les garçons et 44,4 % pour les filles. Dans certaines régions, ces taux ne dépassent pas 25 % pour les garçons et 19 % pour les filles. 
Autres caractéristiques du système éducatif malien : les bas rendements interne (redoublement et abandon aboutissant à un gaspillage se chiffrant à 25 % du budget récurrent) et externe ; le nombre insuffisant d'enseignants et d'infrastructures ; les contraintes institutionnelles.

La politique sectorielle d'éducation 
Au niveau de la politique de l'éducation, le principal objectif est de restructurer le système éducatif en améliorant l'accessibilité à l'éducation de base, la qualité de l'enseignement pour
tous les niveaux, la capacité de gestion du système et en développant les possibilités d'alphabétisation.

Pour l'éducation de base - On estime qu'une augmentation de 1 % de la population active accédant à l'éducation de base entraîne une hausse de 6 à 15 % du revenu perçu par les plus pauvres. Les choix stratégiques tiendront donc compte de l'importance d'un appui aux activités de l'éducation de base. Ils peuvent être définis et mis en œuvre à court, moyen et long termes autour de trois objectifs majeurs, à savoir :

  • L'augmentation de l'offre d'éducation de base ;
  • L'amélioration de la qualité de l'enseignement ;
  • Le développement efficace de la gestion et du financement.

Pour la formation professionnelle - En vue de lever les nombreuses contraintes qui se présentent au niveau du développement de la formation professionnelle au Mali, les choix stratégiques hiérarchisés à court et moyen termes, selon les potentialités économiques de chaque zone d'intervention, peuvent également être définis et mis en œuvre autour de trois objectifs fondamentaux :

  • La pertinence et la pérennisation des centres de formation professionnelle ;
  • L'ouverture de services de formation aux secteurs non traditionnels en réponse à la demande du marché/secteur non-formel, perfectionnement en cours d'emploi, etc. ;
  • L'amélioration de la qualité de la formation.

Les interventions de la Banque 
La stratégie d'assistance de la Banque mondiale dans le secteur de l'éducation au Mali est basée sur les éléments du Programme Décennal de développement de l'Education 1998-2007 PRODEC, adopté par le Gouvernement début 1998, dont une première tranche d'investissement à moyen terme sera constituée par le Programme d'investissement sectoriel de l'éducation. Ce dernier vise l'expansion rapide et efficace de l'enseignement primaire, une meilleure qualité de tous les niveaux d'enseignement et le financement durable du secteur.

En cours : le Projet de consolidation de la formation professionnelle (PCFP) qui a débuté en mars 1997, comporte trois composantes : la Formation Professionnelle Initiale (FPI) visant à augmenter les capacités et les compétences des centres de formation et de la Direction Nationale de l'Enseignement Technique et Professionnel (DNETP) ; le Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage (FAFPA) afin que les travailleurs aient des possibilités de recyclage et de perfectionnement ; et enfin l'Observatoire de l'Emploi et de la Formation (OEF) pour que les informations nécessaires à la connaissance du marché du travail et de ses besoins et potentialités soient disponibles, fiables et pertinentes.

En cours : le projet d'appui à l'amélioration des apprentissages dans les écoles fondamentales (AAA) qui a démarré le 26 juillet 2000 et dont l'objectif principal est d'améliorer le fonctionnement du système écoles publiques/écoles communautaires au niveau de l'éducation de base, comme une première étape de la décentralisation de l'école malienne. Le projet a entre autres objectifs l'amélioration des connaissances sur certains paramètres importants du système éducatif malien, notamment en matière : 
(i) de gestion participative de l'école par les communautés, y compris par un renforcement de l'alphabétisation, 
(ii) d'utilisation de la pédagogie convergente, notamment par une plus large utilisation des langues nationales, et 
(iii) de financement décentralisé des maîtres en tant qu'élément important de durabilité du financement de l'école.

En préparation : le Programme Décennal de développement de l'Education (PRODEC) pour lequel, la Banque mondiale collabore avec le Gouvernement du Mali et d'autres partenaires, afin de renforcer le secteur de l'éducation. L'objectif du programme est d'augmenter le taux de scolarisation du niveau primaire à 95 % d'ici 2010, tout en améliorant les niveaux d'apprentissage. Les questions d'éducation des filles, de santé et d'hygiène scolaire seront intégrées dans toutes les interventions du programme

Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:06
Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:14
Ċ
Mali.pdf
(195k)
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:09
Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:11
Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:17
Ċ
SCAP.pdf
(165k)
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:18
Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:07
Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:09
Ċ
Peter Merckx,
12 Jan 2010, 07:18
Comments